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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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dimanche 12 novembre 2017

Douceurs d'automne au jardin

Je n'ai pas beaucoup de couleurs d'automne à vous montrer car mon paysage reste très vert. Je savoure même, à pareille époque, cette étendue de verdure (une belle pelouse vert pomme !) qui s'évanouit quand l'été arrive.
Au milieu des conifères, des oliviers, des lauriers et des palmiers, apparaissent encore des touches de teintes douces. Le pointillisme coloré parmi les arbres aux feuilles persistantes a son charme. La période froide semble moins longue.
Les nuits deviennent fraîches mais le gel n'est pas encore venu flétrir les feuillages. Seule la pluie a déposé quelques perles d'eau. Les rosiers les plus prolifiques continuent leur spectacle. 
       Focus sur ce minuscule phlox dont le nom reste inconnu. Il a été acheté en godet cet été. A mon grand étonnement, il fleurit toujours. Ses yeux violets sont pour le moins originaux.


Focus sur le chrysanthème pourpre. Sa teinte veloutée est plus foncée en réalité. 
Je vous raconterai son histoire dans un prochain article.




Focus sur un autre compagnon chrysanthème. Je viens de l'installer en terre. Il forme une belle boule lumineuse. A l'achat, les fleurs étaient plutôt blanc rosé. Désormais, elles arborent une teinte crème abricot, qui sied à merveille aux heuchères.


 Et un dernier focus sur cet Hydrangea paniculata. L'arbuste ne porte quasiment plus aucune feuille et au bout des branches, de vaillantes panicules se balancent au gré du vent. Il a fleuri deux fois cette année. Les inflorescences sont de plus petite taille, à la seconde apparition.



Les photos ont été réalisées au jardin, jeudi 9 novembre 2017.
Bon dimanche à tous.

dimanche 5 novembre 2017

Hubert Robert, peintre paysagiste du siècle des Lumières

Conservateur au musée du Louvre, Hubert ROBERT (1733-1808) était un peintre d'architectures paysagères. L'insigne musée parisien lui a justement consacré une exposition en 2016. En 1777, l'artiste fut nommé dessinateur des jardins du roi. Il aménagea certaines parties des résidences royales comme le hameau de la reine à Trianon, la laiterie de Rambouillet et le bosquet des bains d'Apollon à Versailles.

Cette année, c'est ce talent méconnu du peintre en tant que concepteur de jardins paysagers, qui est mis à l'honneur au château de La Roche-Guyon, dans le Val d'Oise effleurant la Normandie. 
Hubert ROBERT travailla pour Louis XVI et séduisit les châtelains aristocrates, épris de son style pittoresque : le marquis de Laborde pour son château de Méréville, le prince de Beauveau à Saint-Germain-en-Laye, la princesse de Monaco à Betz (Oise)...
A La Roche-Guyon, Robert conseilla la duchesse d'Enville et embellit les lieux d'un donjon, d'une cascade et de grottes. S'inspirant de ce fait historique,  le château de la Roche-Guyon a souhaité apporter un regard nouveau sur l'oeuvre du peintre. Cette nouvelle exposition, présentée jusqu'au 26 novembre 2017, se concentre donc sur sa "fabrique" des jardins et rassemble environ 80 peintures, dessins, gravures, répartis dans les salons et boudoirs du château. 

le bosquet des bains d'Apollon, créé par Hubert ROBERT entre 1778-1781, au château de Versailles


Vue du château de Mme d'Enville, à La Roche-Guyon

donjon au château de La Roche-Guyon

le jardin anglais à La Roche-Guyon, photos Danielle Birck

On découvre que Hubert ROBERT était féru de ruines et de monuments antiques et aimait peindre et concevoir des jardins théâtralisés de temples, escaliers grandioses, ponts, obélisques, colonnades...
Le bassin aux baigneuses, 1777-1784


Jeune femme près du Temple de l'amour (Petit Trianon), 1785

Sa conception d'un jardin intégrait systématiquement la construction des fameuses "fabriques", d'où le jeu de mot avec le titre de l'expo. Les fabriques étaient des monuments pastiches, inspirés de l'antiquité, à vocation ornementale. Prenant les formes les plus diverses, voire extravagantes, elles servaient à ponctuer le parcours du promeneur dans un parc et invitaient au rêve de voyage et d'exotisme.
Jardin d'une villa italienne,1764

Le souvenir de l'artiste des sites italiens qu'il avaient visités s'avère vivace. Hubert ROBERT ne s'en départit d'ailleurs jamais. Ses dessins griffonnés dans les jardins des villas romaines n'ont eu de cesse de stimuler son imagination. 
La terrasse de Marly, ca 1780
Aux jardins réguliers à la française, Robert préfère les scènes de collines ondoyantes, les ruisseaux enjambés de pont de pierre ou de bois. Les allées rectilignes sont effacées au profit de belvédères surplombant la nature ou une fontaine, de chemins sinueux entre des arbres majestueux. Le peintre paysagiste vouait une passion pour les peupliers. Les parcs ainsi conçus dans un esprit romanesque devaient ménager sans cesse des surprises.
L'époque voit fleurir un nouveau style de jardin, dit à l'anglaise. Le premier parc de ce style en France naquit à Ermenonville (Oise). Le marquis de Girardin fit venir spécialement deux cents ouvriers anglais et engagea Hubert ROBERT comme conseiller artistique. Le jardin fut achevé en 1776.
Fête dans le parc d'Ermenonville 

Robert fut en même temps chargé par le marquis Anne Pierre de Montesquiou-Fezensac de créer un jardin anglais sur le domaine de Mauperthuis (en Seine-et-Marne). 
la pyramide à Mauperthuis

intérieur de la grotte-pyramide

Lavandières dans un parc, 1775

Malheureusement, peu de ses réalisations paysagères sont encore visibles aujourd'hui. Signalons tout de même aussi le parc du château de Méréville. Ce domaine est à nouveau ouvert aux visites depuis cette année. Classé monument historique, l'ensemble est devenu propriété du département de l'Essonne qui a engagé une réhabilitation d'envergure des jardins. Planté d'une grande variété d'espèces botaniques, le parc compte plusieurs fabriques et grottes artificielles.
Vue du parc de Méréville


l'arche du pont de roches, à Méréville

grotte artificielle, à Méréville

Cet article ne serait pas complet si je ne vous citais pas le livre de Jean de Cayeux, paru en 1987, mine d'informations supplémentaires sur Hubert ROBERT, paysagiste jusqu'au bout du pinceau.

dimanche 29 octobre 2017

La Provence sous la brume

Dans notre imaginaire, la Provence est gorgée de soleil et c'est vrai une bonne partie de l'année. Mais heureusement, le Sud connaît aussi ces moments de brouillard, de lumière froide et de pluie.
Je vous emmène aujourd'hui pour une escapade dans un site classé remarquable surplombant les Alpilles : les Jardins de Saint-André, qui encadrent l'abbaye de Villeneuve-lès-Avignon. Ces jardins méditerranéens de deux hectares, aux accents de Toscane, sont l'oeuvre d'une vie, celle de la poète Elsa Koeberlé.
Portons un autre regard sur ce lieu parsemé de vestiges, aride, balayé par le mistral, en altitude au sommet du mont Andaon. Le ciel est laiteux et les couleurs s'assombrissent. Malgré la douceur de l'air et après l'été indien, l'automne arrive. 

C’est fin 1915, lors d’un séjour à Villeneuve, qu’Elsa Koeberlé découvre Saint-André qui deviendra le cadre de son existence de 1916 à sa mort en 1950. Fille du docteur Koeberlé, ami d’artistes comme Bourdelle, elle rencontre Gustave Fayet, peintre et collectionneur qui est propriétaire depuis 1908 de l’Abbaye cistercienne de Fontfroide, près de Narbonne. 
Gustave Fayet lui achète l’abbaye Saint-André en août 1916.
Elsa Koeberlé investira toute sa fortune à la remise en état des lieux, sans vouloir jamais modifier, par reconnaissance pour l’aide apportée, son statut de « locataire à vie » de Gustave Fayet. Elle sera épaulée dans sa tâche par une amie venue la rejoindre, Génia Lioubow qui mourut en 1944, laissant une œuvre importante de peintre et de dessinateur. 
A partir de 1950, les importants travaux de restauration furent continués par Roseline Bacou, petite fille de Gustave Fayet et conservateur au cabinet des Dessins du Louvre, avec l’appui des Monuments Historiques, les bâtiments et les jardins ayant été classés en 1947. Passionnée, elle se consacrera à la mise en valeur de l’abbaye et ses jardins qu’elle ouvre pour la première fois aux visiteurs en 1990. Après sa disparition en février 2013, sa famille perpétue son œuvre avec autant d’énergie et d’attachement à ces lieux.

le Palais abbatial



les tours de l'enceinte fortifiée 



Le jardin à l’italienne retrace clairement les embellissements faits au XVIIe et XVIIIe siècles avec ses deux très beaux bassins à haute margelle, entourés de parterres de rosiers anciens, santolines, lauriers, glycines… à l’ombre des arbres de Judée. 
Elsa Koeberlé et Génia Lioubow ont recréé cette partie basse du jardin, selon les plans anciens et des modèles italiens. Se retrouve le plan classique du jardin, rythmé d’arbres en pots et de statues dans le style d’une villa toscane du XVIe siècle. Longeant le pied de la terrasse, une pergola aux colonnes de pierre se couvre au printemps de glycines et de roses. Des cyprès encerclant ce parterre mènent aux puissantes voûtes soutenant les bâtiments rasés de l’abbaye du XVIIIe. Sous les voûtes, une vue unique sur le Palais des Papes d’Avignon rappelle l’importance stratégique de ce haut lieu depuis le Xe siècle.
les parterres de rosiers


Couvrant la plus grande partie des jardins, le jardin méditerranéen en terrasse offre une vue exceptionnelle sur les Dentelles de Montmirail, le Mont Ventoux, les Alpilles et le Palais des Papes.
La chapelle, du XIe rehaussée d’une tour d’observation au XIXe, a retrouvé sa silhouette d’origine. Planté d’oliviers centenaires et d’espèces méditerranéennes alliant harmonieusement le végétal au minéral, sans plans précis, ce jardin laisse les plantes s’épanouir librement redonnant vie aux vestiges de l’un des grands monastères du sud de la France.




De nombreuses statues, vasques, poteries décorent ces jardins très féminins.

Vue sur Avignon, depuis les terrasses de l'abbaye

Abbaye de Saint-André
rue montée du Fort
30400 VILLENEUVE-LES-AVIGNON