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Bienvenue sur mon site dédié aux roses anciennes et modernes. Laissez-moi vous conter l'histoire de jardins remarquables, vous présenter des roses méconnues ou oubliées, vous conseiller de beaux livres...

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vendredi 19 janvier 2018

Mme Legras de Saint Germain

rosier alba, obtenu avant 1848, peut-être 1846. Non remontant.
Ce magnifique rosier ancien, dont l'obtenteur reste inconnu, porte un nom bien français et pourtant c'est l'anglais William Paul qui le décrit le premier dans son livre The Rose Garden, paru en 1848.
Madame Legras de Saint-Germain ne semble pas un descendant pur de la famille des alba. Serait-ce un croisement avec un Centfeuilles ? L'arbuste est dénué d'aiguillons, son feuillage naît vert clair. Comme ses longues branches plient de souplesse, il est facile à palisser. Je l'ai personnellement courbé à terre pour le forcer à émettre des tiges secondaires.


Ce rosier se garnit au printemps de coupes moyennes, bien remplies de petits pétales avec au centre un reflet crème. A complète ouverture, les fleurs finissent très plates, d'un blanc de neige. Leur parfum est enchanteur, soutenu et sucré.


Mme Legras de Saint-Germain est souvent confondu avec un autre rosier alba plus célèbre, Mme Plantier. Un bon moyen de les différencier consiste à observer les boutons. Ceux de Mme Plantier sont roses, alors que ceux de Mme Legras sont jaunes. Les roses de cette dernière prennent aussi un caractère plus chiffonné. Leur cœur demeure à peine visible dans le tourbillon de pétales. 

Un rosier historique d'une pureté hivernale et apaisante, qui mérite une place dans tout jardin de passionné.

vendredi 5 janvier 2018

Munstead Wood

    

Rosier créé par David Austin en 2007. Remontant.
Si on ne devait avoir qu'un seul rosier anglais, peut-être faudrait-il élire celui-ci. Il a une présence hypnotique. Tout est incroyable chez lui : la couleur de sa fleur, sa forme parfaite, son parfum. 
C'est pour toutes ces raisons que j'ai choisi de l'introduire à nouveau au jardin. Mais malgré tous ces superlatifs, il y a quelques bémols. 
Le rosier n'est pas très vigoureux et pas très fourni. Alors pour pallier cet inconvénient, je l'ai acheté en plusieurs exemplaires. 
C'est la technique que j'adopte quand un rosier s'avoue faiblard. Je fais d'ailleurs de même avec les boutures. Je regroupe plusieurs sujets ensemble pour faire masse.



Dans ce cas particulier, 2 plants à racines nues ont été commandés. Munstead Wood, étant un petit rosier, j'ai planté les deux sujets jumeaux l'un à côté de l'autre, en bordure de massif. Ils sont espacés de 10 cm. Je les ai disposés de telle sorte que les tiges sont orientées vers l'extérieur. Les points de greffe se font donc face. On a l'impression de voir déjà une plante bien ramifiée, évasée, avec plusieurs départs de branches.
J'ai enterré les points de greffe. Je ne le fais pas systématiquement. Les hivers, ici, ne sont pas rudes et tout dépend de l'espèce du rosier. Pour les rosiers anciens, cette pratique se révèle bénéfique : les rosiers galliques sont des cavaleurs et drageonnent facilement. Il est alors utile qu'ils s'affranchissent de leur porte-greffe afin d'obtenir des arbustes étoffés. Pour les hybrides de thé, pas d'intérêt, hormis cacher un bourrelet de greffe disgracieux. 
Cette technique de plantation groupée est d'ailleurs préconisée par David Austin. 
Voici ce qu'il nous dit dans un de ses livres : 'J'insiste sur l'importance qu'il y a à planter les roses anglaises en groupes de 2 ou 3 par variété.  Les nombres impairs (3,5) donnent un air plus naturel. Installez vos sujets assez près les uns des autres pour qu'ils s'associent en une masse de végétation. En une saison ou deux, vous aurez l'illusion d'avoir un buisson très épais. Les arbustes se mêlent pour donner un seul buisson vigoureux et florifère. Vous obtiendrez ainsi une densité de fleurs merveilleuses et l'effet sera très supérieur à celui d'une plante isolée'. (Les roses anglaises, édition Bordas, p.146 et 147)


La vue de ces images, présentées sur son site, vaut tous les discours. Munstead Wood occupe presque à lui seul un mini massif. Reste, dans la pratique, à avoir suffisamment de place sur son terrain pour installer des rosiers identiques en nombre. Et ça, c'est une autre affaire !
💚  Très belle année à tous au jardin 💚

Crédit photographique :
 www.davidaustinroses.com/fr/munstead-wood

mercredi 20 décembre 2017

Die Rosen, les gravures de roses d'un passionné allemand

ou Les Roses dessinées et enluminées d'après nature avec une courte description botanique, par le Dr. Roessig, Leipzig, 1802 à 1817.



Die Rosen nach der Natur gezeichnet und colorirt mit kurzen botanischen Bestimmungen begleitet.
Traduit de l'allemand par M. de Lahitte.


Carl Gottlob Rößig (ou Rössig, Roessig), docteur en science juridique, était professeur et avocat à Leipzig, en Allemagne. Il devait être un amoureux des roses et sans doute un des rares collectionneurs allemands puisqu'il entreprit de transposer en peinture les roses connues à son époque. 

Il fit réaliser des portraits de roses (sa collection personnelle ?, il ne le précise pas mais on peut l'imaginer)  par plusieurs peintres et graveurs sur cuivre dont Luise von Wangeheim.

L'ensemble de ces gravures fut imprimé avec les descriptions botaniques, sous forme de 12 cahiers, de 1802 à 1817. Chaque gravure de rose est accompagnée du texte descriptif en allemand, suivi de la traduction française.
Roessig mourut en 1810, après la parution des 10 premières parties et ne vit pas son oeuvre aboutie. Gantz entreprit l'édition des 2 dernières parties.

L'oeuvre complète regroupe 60 planches de roses avec les noms en français, latin et allemand, complétés des synonymes et noms anglais occasionnels. Elle constitue en fait une version améliorée et illustrée du premier ouvrage de Roessig, qui s'intitulait  'Description économique et botanique des roses', parue en 1799. Dans ce volume, l'auteur avait compilé toutes les connaissances en la matière. Francophone et connaisseur érudit, il avait repris et classé les principaux noms de roses, cités avant lui par les plus grands noms européens de la botanique (Rozier, Linné, Bauhin, Miller, Camerarius...).


                                                                                                     
Dans la préface, Rössig affirme que son objectif était d'améliorer la collection de roses peintes par Mary Lawrence qu'il critique pour ses inexactitudes.  Cette anglaise avait la première lancé l'idée d'un recueil de portraits de roses, individuels, en couleur, pleine page. Son ouvrage 'A Collection of roses from nature' parut de 1796 à 1799.

Finalement, le bien plus célèbre peintre botanique Pierre-Joseph Redouté n'a rien inventé. J'irai même jusqu'à dire qu'il s'est largement inspiré du travail de Roessig, pour réaliser entre 1812 et 1824 son oeuvre majeure 'Les roses', qui inclut des descriptions botaniques faites par Claude-Antoine Thory.

Notons qu'en 1817, Redouté, à son tour, ne manquera pas de critiquer les illustrations de Rössig ! Chacun pensant le mieux représenter les roses...

Au final, il nous reste des représentations rares de roses anciennes, surtout des botaniques. J'ai essayé de collecter le plus possible d'images pour que nous ayons un aperçu le plus complet de cette oeuvre rarissime.






rosa alba plena

rosa albo rubicunda plena
(Cuisse de Nymphe)

rosa versicolor 
(rosa Mundi, rosa gallica versicolor)

rosa burgundica
(rosa parvifolia, Rose de Bourgogne)

rosa canina carnea

rosa canina 

rosa centifolia minor
(rosa pomponia, Pompon de Bourgogne, Petite de Hollande, Pompon des Dames )

rosa centifolia 


rosa chinensis carnea
(rosa indica vulgaris, Old Blush)

rosa semperflorens purpurea
(rosa chinensis semperflorens, Slater's crimson china)

rosa damascena rubra

rosa damascena marmora
(rosier de Damas marbré)

rosa damascena 

rosa dijoniensis
(rose de Meaux)

rosa foetida 

rosa francofurtensis
(rosa francofurtana, rosier de Francfort)

rosa gallica duplex
(rosa gallica officinalis)

rosa holosericea 
(La Belle Sultane)

rosa gallica maxima

rosa lacteola

rosa majalis plena 
(rosa cinnamomea)

rosa marmorea plena

rosa moschata 

rosa muscosa

rosa punicea

rosa rubiginosa 

rosa sanguineo-purpurea atra
(rosier pourpre noir)

rosa spinosissima 

rosa pimpinellifolia rubra

rosa villosa 

rosa violacea var. purpurera-nigricans
(rosa holosericea plena, Tuscany)

rosa virginiana

cynorhodons
                                  

Livre numérisé, conservé à Londres, à The british Library :  Die Rosen

Sources photographiques :